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. OBJECTIF 001 . " Avant que l’ombre… LIVE" 1/3 . l’audio |
PROLOGUE
Ce tout premier objectif est évidemment inhérent à la sortie en CD et DVD du concert de Mylène FARMER « Avant que l’ombre… à Bercy » ! C’est la 4e fois que l’artiste monte sur scène, et pour cet événement (13 concerts à Bercy du 13 au 29 janvier 2006), elle voulait quelque chose de spectaculaire… c’est du moins ce qui était annoncé dans les presses suite à la conférence qu’elle avait tenue en décembre 2004 avec ses deux complices Thierry SUC (manager et producteur du spectacle) et Laurent BOUTONNAT (compositeur et co-concepteur du spectacle).
Le même mois, les places étaient mises en vente… et en quelques semaines seulement, le spectacle pouvait se vanter d’être SOLD OUT, plus d’un an avant la première date ! Il va sans dire que, forte de ce record, Mylène FARMER était deux fois plus attendue par les professionnels et la presse. Le rendez-vous était pris : 13 janvier 2006.
TRAITÉ
Nous allons traiter ici non pas du spectacle en lui-même, non pas de sa scénographie, non pas du choix des titres (cela pourrait bien faire l’objet d’un objectif entier), mais exclusivement du support audio qui en a découlé. Après chaque tournée, Mylène FARMER fixe sur support audios le contenu de ces spectacles. « Avant que l’ombre… à Bercy » (que nous nommerons maintenant AQOB) n’a évidemment pas échappé à la règle. Sous la forme d’un double CD (chacun dans une pochette différente, le tout contenu dans un boîtier plastique reprenant les motifs de la porte, élément phare du décor), l’artiste propose au public de découvrir l’univers d’AQOB.
Après des centaines d’heures consacrées au choix d’utilisation des différentes dates enregistrées, et après des mois de mixage, AQOB apparaît bel et bien dans les bacs le 04 décembre 2006. Nous avons pu écouté cet album quelques jours avant sa sortie officielle, et voilà ce qui en est ressorti…
La première de choses (et non des moindres), c’est que les arrangements lives ont été confiés à Yvan CASSAR et non à Laurent BOUTONNAT comme l’aurait pu laisser entendre sa présence importante sur le spectacle ! C’est la première fois que les arrangements lives ne sont pas façonnés par le compositeur originel… et c’est déjà un coup de poker ! On connaît l’attachement d’une bonne partie du public farmerien pour Laurent BOUTONNAT… que penser en apprenant qu’il n’est pas à la barre des arrangements ? L’approche artistique sera-t-elle la même ? Yvan CASSAR ne va-t-il pas dénaturer les compositions boutonniennes ? L’univers de Mylène FARMER en restera-t-il intact ? Autant de questions qui trouvent leurs réponses à l’écoute du CD ! Il apparaît clairement que le travail d’Yvan CASSAR est d’une qualité telle, que les chansons prennent une nouvelle dimension ! Il a su apporter des subtilités incroyables à des chansons qui ont été reprises maintes et maintes fois (par Mylène FARMER ou par d’autres). Notons par exemple la formidable intro de « XXL » et les drums à chaque première mesure de son refrain (dont on trouve les échos en seconde partie de spectacle sur « Je t’aime mélancolie ») ; les interludes/intros/endings piano de « Q.I. », « Redonne-moi », « Avant que l’ombre… » ; les versions très 2006 de « Sans contrefaçon » et « Désenchantée » ; et les instrus Los Vivancos, sortes d’ouvertures fantasmiques des titres « Porno-graphique », « C’est une belle journée » et « Nobody knows ». Mais Yvan CASSAR porte surtout son attention sur des rythmiques nouvelles : l’apparition de drums sur bons nombres de titres, des changements de rythme (« L’autre », « Fuck them all »…), et des progressions poignantes dans le cursus de la batterie d’Abraham (« Avant que l’ombre… »). Mais là où il a remporté son pari, c’est qu’il a continué l’œuvre de Laurent BOUTONNAT, qui est déjà une musique subtile. Évidemment cela s’adresse à un public averti qui connaît les chansons et qui peut en savourer les nouvelles teneurs. Mais Yvan CASSAR a trouvé le moyen de donner une nouvelle âme à ces titres ! Il a trouvé un autre chemin d’exploration à chacun de ces titres si propres, nets, et inchangeables ! Yvan CASSAR est compositeur lui aussi, et il devait assouvir ses désirs d’artiste tout en respectant le travail pré-établi par un autre artiste. Nous sommes alors tous d’accord chez Objectif MF pour affirmer qu’Yvan CASSAR a réalisé une prouesse artistique et acoustique sur une mission haute en enjeux !
Le second point fort de ces audios est évidemment la prise des sons, leur enregistrement et leur mixage ! Sur ce concert, Mylène FARMER et Laurent BOUTONNAT se sont entourés des gens avec qui ils ont l’habitude de travailler : Stéphane PLISSON, Jérôme DEVOISE, etc… Et leur travail a été titanesque ! Outre le fait qu’il fallait sonoriser cette salle immense avec les nouveaux désirs acoustiques de Laurent BOUTONNAT (qui avait évoqué dès la conférence de presse des caissons de basse sous les sièges de Bercy, et qui les a obtenus), il fallait que la prise de son assume ces nouveaux éléments de diffusion… Depuis le début, Laurent BOUTONNAT avait la ferme intention d’utiliser au mieux l’espace de Bercy… TOUT l’espace de Bercy ! A la sonorisation en façade classique de la scène se sont ajoutés les fameux caissons sous les gradins, et les HP plafond relayant les subtilités de compositions d’Yvan CASSAR, l’orage de « Ange parle-moi » ou encore les « shut up » de l’intro ! La salle de concert devient un microcosme, un endroit où tout peut arriver et où les sons n’ont pas d’utilité superficielle. Tout est fait pour solenniser le moment et le rendre atemporel, transcendant... Mais comment rendre cette atmosphère dans des salons, dans des voitures ou dans des baladeurs mp3 ?! Et bien faire le choix d'un mixage en 5.1 ! En effet, que ce soit en Dolby Surround ou en DTS, le choix a été fait de mixer le spectacle avec la technologie 5.1 (ce qui commence à se faire pour des DVD de concerts mais qui reste encore assez rare). Une nouvelle fois, l'enjeu est de taille et demande un travail soutenu des équipes de son.
Pour terminer... et c'est bien là le plus important, la voix de Mylène Farmer a été traitée dans le but de l'intégrer parfaitement à toutes les prouesses réalisées jusque là (arrangements, diffusions des sons, enregistrements des dates...). Une nouvelle fois, on retrouve une voix épurée, cristalline, échoifiée et parfois même reverberisée à outrance ! C'est un problème connu, Mylène Farmer n'est pas une pointure en voix live (parfois des bandes sons accompagnent ses chants, mais sur ce spectacle elles étaient plus rares et relevaient plus de la voix d'accompagnement que du soutien vocal). Ajoutons à cela quelques petits soucis de santé gutturale sur certaines dates, et vous arrivez vite à un casse-tête digne d'un pays d'extrême orient ! Comment capter correctement le filet farmerien pour lui donner la teneur et le charisme nécessaires à la grandiosité de ce spectacle ? De nombreuses dates ont été enregistrées, mais un maximum des voix utilisées pour le mixage de l'album a été capté sur quelques dates précises, celles où la chanteuse était dans sa meilleure forme vocale... Et le résultat n'en est pas inintéressant ! Ce filet (comme nous l'appelions plus haut) est une marque de fabrique avant tout, et rien ne sert de vouloir essayer de le dénaturer. L'intérêt est de lui donner sa profondeur et sa force... et en cela le pari est à nouveau gagné (de notre humble avis)... L'équipe son de la chanteuse est maintenant bien rôdée (à force de collaborations), et la fidélité permet un rendu de qualité.
ÉPILOGUE
De façon objective, et après de nombreuses écoutes et analyses de ce live audio (et surtout en comparaison avec les lives précédents...), il nous est possible de dire que cet opus public est d'une qualité importante ! Les arrangements, et donc les nouvelles consistances des chansons, ont réussi à surprendre le public fidèle qui connaissait par coeur chaque violon et note d'accompagnement de tous les titres... la qualité de l'univers musical créé pour l'occasion a permis de prendre au sérieux les enchaînements des titres et leur mise en scène... et enfin l'art vocal de Mylène Farmer (bien que changé ces derniers temps en atteignant des graves inexplorés jusqu'alors) reste en accord avec son oeuvre et promet probablement des évolutions intéressantes !
Avant que l'ombre... à Bercy, un audio surprenant de qualité !
Objectif MF